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 Les Elues d'Arkania [aussi dit Tales of Arkania] [En cours, 5 chapitres]

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Akemi Tsuki Miyano
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MessageSujet: Les Elues d'Arkania [aussi dit Tales of Arkania] [En cours, 5 chapitres]   Jeu 17 Juil - 23:59

Bon voici ma fic -que Crys connaît bien oô- Tales of Arkania, dans laquelle les personnages de Detective Conan sont...dans un monde fantastique XD
Je sais pas si on peut appeler ça une simple "fanfic", pour la bete raison que ca fait 2 ans que j'y bosse et que je la soigne au grand max XD
J'ai recopié 5 chapitres sur l'ordi, d'autres sont encore sur carnet XD A venir, donc...

Je commence par le chapitre I (nan, sans blague? o____O) je mettrai le 2 lorsqu'on me le demandera, sinon ça risque de faire beaucoup d'un coup XD
Bonne lecture 8D

PS : Désolée pour ceux qui l'auraient lue avant (enfin de toute manière ces personnes sont très peu nombreuses je crois XD ) mais j'ai édité les 5 1ers chapitres XD Avec des modifications plus ou moins grosses. Certaines ne sont que d'ordre typographique et esthétique (en plus yavait une phrase pas recopiée en entier là que j'ai réalisé j'ai OMG) mais certaines répliques de personnages ont été également ajoutées. voilà, là au moins c'est vraiment nickel XD Donc ceux qui l'avaient survolée, sachez qu'y a du nouveau ^^" (Vous inquiétez pas, après j'y retouche plus, je suis en train de retaper le chapitre suivant sur l'ordi).

I

Ran ne comprenait rien à ce qui se passait. Elle se trouvait un instant plus tôt dans sa chambre à essayer de trouver le sommeil, la chaleur moite de cette nuit sans étoiles l’empêchant de plonger dans les bras de Morphée.
Et la voilà en train de dévaler les interminables corridors du château, hors d’haleine, après avoir entendu un cri déchirant qui l’avait fait sursauter et enfilé une tunique légère mauve, qui était sa couleur préférée bien qu’elle n’y prêta aucune attention.
Plus elle descendait les escaliers, plus la chaleur se faisait étouffante ; elle en aurait eu l’impression de descendre droit aux enfers. Le sang battait à ses tempes, sa gorge était sèche. Puis des bruits lui parvinrent. Des objets qui se brisent. Le crépitement inquiétant des flammes qui semblait la narguer, la cerner de toute part. Mais surtout des cris, des cris parfois longs, parfois brefs, déchirants, qui finissaient par s’éteindre plus ou moins brusquement.
La panique envahit la jeune fille. La sueur coulait sur son front et venait lui piquer les yeux ; ses jambes pourtant frêles et tremblantes redoublèrent de vitesse.
Elle finit enfin par atteindre au gré de bien d’efforts le hall d’entrée du palais.
Et ce qu’elle y vit lui coupa le souffle.

La première chose qui la paralysa fut la vue des corps. Partout. Jetés en vrac , les uns contre les autres, tels de vulgaires sacs éventrés d’où coulait le sang, des pantins inertes en proie aux langues de feu qui les changeaient peu à peu en cendre. Ces mêmes immenses flammes rougeoyantes qui couraient sur le sol tels des serpents animés d’une volonté propre, qui léchaient les murs dont les tapisseries n’étaient plus que poussière, qui détruisaient chaque parcelle de la grande demeure sur leur passage.
C’était véritablement un spectacle digne des Enfers. Jamais de sa courte vie l’adolescente n’avait été témoin d’un tel carnage ; il lui semblait que son corps, ses membres, son cerveau avaient été mis sur « pause ».
Une poutre enflammée se détacha soudain du plafond dans un craquement sinistre et s’écrasa sur le sol ; Elle n’avait entendu qu’un sifflement strident dans l’air, mais ses prodigieux réflexes lui avaient permis d’échapper à l’objet enflammé d’une roulade parfaitement exécutée qui lui sauva la vie avant même de le réaliser.
Ran avait à peine compris ce qui venait de se passer qu’elle s’était remise à courir aussi vite que ses forces le lui permettaient encore. Les rouages de son cerveau fonctionnaient à toute vapeur. Que s’était-il passé ? Qui avait tué tous les gardes, pourtant si bien entraînés au combat et ayant défendu les portes du palais pendant de nombreuses années ? Et, de plus, qui aurait intérêt à s’attaquer à une telle forteresse, et dans quel but ? Ceux qui avaient eu la folie de se lancer dans cette entreprise n’en étaient jamais revenus vivants, aux dires des domestiques.
Elle eut beau se creuser la tête, son père n’avait aucun ennemi particulier, du moins on ne lui en avait pas informé. En cet instant précis, elle aurait aimé pouvoir compter sur sa présence. L’adolescente se sentait perdue. L’image des corps carbonisés étendus sur le sol la poursuivait malgré ses efforts pour qu’elle s’estompe de son esprit.
Les portes du palais n’étaient plus qu’à quelques mètres. Elle allongea ses enjambées, la chaleur torride dégagée par le brasier ralentissant ses mouvements alourdis.
Les lourdes poignées de métal brûlant s’offrirent à elle. La princesse prit une longue inspiration, rassemblant ce qui lui restait de ses forces, et les tira.
Les portes restèrent immobiles.






Le garçon observait le château avec un mélange de crainte et d’ébahissement peints sur son visage. A la place de la structure autrefois imposante qui trônait au centre de la Capitale se trouvait à présent une torche géante.
Les immenses et majestueuses flammes s’élevaient si haut qu’elles semblaient vouloir atteindre le ciel, brûler les étoiles une par une, roussir le ciel noir d’encre. De cet incroyable bûcher se dégageait une puissante lumière orangée éclairant à plus de trois kilomètres à la ronde. Cette même lumière qui avait sorti l’adolescent de son sommeil déjà léger, croyant tout d’abord qu’il s’agissait des rayons du soleil , avant de se rendre compte que la nuit était loin d’être terminée.
Puis il se rendit compte que cette dernière s’intensifiait. Sans pour autant bouger d’un mètre, le garçon mit sa main en visière devant ses yeux et admira le phénomène, fasciné, oubliant complètement le danger qui menaçait la ville entière.
Des ruines enflammées du palais jaillirent des rayons de lumière d’une blancheur éblouissante qui balayèrent les ténèbres.
Le jeune homme se retourna pour réaliser que tous les autres curieux avaient fui.
Il était totalement seul lorsque le château explosa.


Ran céda soudain à la panique totale et, hors d’elle, frappa les battants de la lourde porte en bois de toutes ses forces ; un bois auquel on avait jeté un sort d’incombustibilité et qui était aussi neuf que s’il venait d’être taillé.
Seulement la robustesse avec laquelle elle avait été conçue l’empêchait de bouger d’un moindre millimètre et seul le Portier connaissait la formule qui pouvait la laisser s’ouvrir. Ce n’était pas pour rien que Ran surnommait le château « la prison dorée » ; elle n’avait aucun droit d’en sortir sauf pour aller dans les jardins et encore, en la compagnie de serviteurs. Elle maudit de toutes ses forces tout ce qu’elle connaissait, cracha une série de jurons…puis des larmes roulèrent sur ses joues. Des larmes qui s’évaporèrent avant même de toucher le sol en raison de la sécheresse infernale dont toute forme d’eau semblait avoir été bannie. La haine céda au désespoir.
La princesse suffoqua : elle s’était soudain rendu compte que l’air était complètement irrespirable, sans savoir pourquoi elle ne l’avait pas remarqué auparavant. Ses jambes ne la soutinrent plus et elle s’affaissa lentement sur le sol brûlant, toussant et crachant, en proie à un état proche de l’asphyxie. Elle ferma les yeux.
Un instant s’écoula. Au fur et à mesure que les minutes défilaient, Ran sombrait dans un coma entre la vie et la mort.
Des pas résonnèrent alors dans la pièce. Secs. Lents.
Des pas sous lesquels craquaient les brindilles et planches carbonisées. Bien qu’inconsciente, elle sentait que l’inconnu venait dans sa direction. Le sol vibrait légèrement à chaque pied posé. Son cœur battait de plus en plus lentement et elle craignit, dans un dernier élan de lucidité, de ne plus jamais pouvoir entendre son battement contre sa poitrine.
Elle se demanda même comment pouvait-elle être encore en vie, même si celle-ci ne tarderait à s’éteindre. C’est comme si sa conscience partait lentement de son corps, l’enveloppant dans une sorte de coque invisible qui la maintenait au jour…

La silhouette était à présent penchée sur le corps de la jeune princesse. Elle eut un rictus dévoilant ses dents blanches scintillant à la lumière des flammes, lesquelles semblaient cacher des crocs de féroce prédateur. Un sourire sans joie, malsain.
L’individu secoua alors sa longue chevelure blonde et s’accroupit près du corps inerte de l’adolescente.
Lui empoigna l’avant-bras.

Ran eut alors un sursaut brutal. Elle ouvrit brusquement les yeux ; le souffle lui manquait, son cœur s’était remis d’un coup à tambouriner contre sa poitrine avec une violence inouïe.
Des images, des flashes défilèrent à ses yeux sans qu’elle ne puisse les arrêter. C’étaient un afflux de lumières et de couleurs tourbillonnantes auxquelles s’ajoutèrent des sons mélangés les uns aux autres, provocant un brouhaha infernal à ses tympans. La douleur fulgurante qui paralysait son bras s’étendit bientôt dans tout ses membres, monta jusqu’au crâne dont elle crut qu’il allait exploser.
L’homme, lui, éclatait d’un rire sardonique, un rire perçant, presque inhumain qui vrilla ses oreilles. Il resserra son emprise, ce qui arracha à Ran un cri de douleur…mais ce qui eut également pour effet de la sortir de sa transe une bonne fois pour toutes. Elle appela au secours, bien que sachant que personne ne lui viendrait en aide, se débattit comme une forcenée, battant vainement des jambes et de son bras pour s’extraire de la pression de l’individu, créant une nouvelle énergie. Cela montait en elle comme un flux, un cours d’eau brûlante qui serpentait dans ses veines, de la lave en fusion dans laquelle la haine, la rage et la peur étaient concentrées.
L’étreinte sur son bras se desserra quelque peu. Ce geste l’encouragea à continuer, à laisser affluer cette puissance en elle jusqu’à son apogée.
La dernière chose qu’elle vit fut un éclair blanc qui aurait pu, si elle n’avait pas les yeux clos, lui brûler la rétine. Puis s’ensuivit l’obscurité.


Ebahi, le garçon se redressa sur un coude ; du palais il ne restait que des ruines fumantes. Le souffle de l’explosion l’avait projeté à une trentaine de mètres du lieu de l’incident mais il ne souffrait d’aucune blessure ; c’est à peine s’il était égratigné aux genoux et au visage, aussi il en déduit qu’il ne s’agissait pas d’une explosion ordinaire.
Il se releva et contempla un instant le paysage dévasté : les maisons les plus proches avaient été en partie détruites. Les arbres, dont le feuillage touffu protégeait autrefois les passants des rayons brûlants du soleil, n’étaient plus que cendre.
Les badauds jusqu’à présent cachés sortaient de leurs caves de part et d’autre de la place. Les plus courageux venaient constater les dégâts causés par le souffle de l’explosion tandis que d’autres se contentaient de pointer craintivement leur nez au-dehors, craignant que cette explosion ne soit que le présage d’un fléau bien pire qui ne tarderait pas à tomber.

Shinichi ne savait que penser. Il restait là, immobile, les bras ballants, témoin ce qu’il restait de sa propre maison. Des tas de pierres, tout au plus. Des murs il ne restait que des amas de brique dessous laquelle sa vie, son passé, ses souvenirs, resteraient piégés à jamais.
Nulle part.
Il n’ avait plus nulle part où aller. Il était cependant loin d’être le seul à être dans cet état de désarroi total : la population demeurait en état de choc. Cela le rassurait à peine.
Il faudrait des mois pour réparer les dégâts. Non, même des années. Ils songea que la population devra se serrer les coudes pour récupérer ses biens disparus.
Mais le pire de tout était sans doute la disparition de l’immense forteresse qui se dressait fièrement au centre de la Capitale…autrefois. Personne n’aurait imaginé que cette imposante structure, qui avait repoussé nombre d’attaques et résisté aux agressions du temps depuis des centaines d’années, se retrouve ainsi dévastée. C’était le symbole même de la robustesse mais également de la beauté ; ceux qui y avaient déjà mis les pieds ne savaient en décrire la richesse et la magnificence tant elles étaient grandes.
Shinichi poussa un soupir. Le genre de palace mythique où il rêverait même d’en voir l’intérieur ne serait-ce qu’une fois dans sa vie…et son rêve d’enfant s’envolait en même temps que son passé.
Alors qu’il marchait sans but parmi les décombres et les gens désormais privés d’abri déplorant le chaos qui régnait dans la cité, il vit une main dépasser d’un amas de briques.
Une main frêle, pâle, recouverte de poussière.
« Il y a quelqu’un là-dessous ! » pensa-t-il en sentant son cœur se soulever.
Emporté par l’espoir que cette personne serait toujours en vie, et s’interdisant par-dessus tout de laisser une âme disparaître, il se jeta à genoux sur l’amoncellement de pierre et de bois et entreprit d’en dégager la personne piégée. Bientôt un bras fut découvert, puis le reste du corps suivit ; il redoubla d’efforts. La sueur collait ses cheveux noirs sur son front humide. Lorsque la dernière pierre fut extraite, le corps enfoui apparut enfin au jour.
Il s’agissait d’une jeune fille, recroquevillée sur elle-même, dont respiration lente soulevait doucement sa poitrine sur laquelle ses mains étaient croisées.
Shinichi se demanda s’il ne s’agissait pas plutôt d’un ange.

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Quand j'parlais de Gitaroo Yami...


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MessageSujet: Re: Les Elues d'Arkania [aussi dit Tales of Arkania] [En cours, 5 chapitres]   Dim 20 Juil - 11:58

II! (Qui a également subi une petite remise à niveau oô)
____________


Ran ouvrit lentement les yeux : ce qu’elle voyait ne se résumait qu’à une silhouette aux contours indistincts dans la brume qui troublait sa vue. Elle tenta de se concentrer pour distinguer davantage de ce qui l’entourait mais sa tête lui tourna et elle clôt aussitôt les paupières.
Cette lutte contre la perte de conscience imminente dura une bonne dizaine de minutes. Elle sentit qu’on lui apposait un tissu humide sur le front.
- Ne bouge pas, lui conseilla une voix proche.
Mais elle parvint à se redresser ; elle trouva appui sur le mur derrière elle. Le brouillard commençait à se dissiper, elle pouvait à peu près y voir clair.
Elle se trouvait dans une maison…où plutôt ce qu’il en restait. Ce n’étaient là que des ruines recouvertes par une lourde pellicule de cendre grise comme le ciel chargé de nuages. Le mur contre lequel elle se trouvait calée était pour ainsi dire un miraculé de cette catastrophe.
Ran sentit qu’on l’observait ; n’ayant pas tout de suite remarqué sa présence, elle sursauta à la vue du garçon accroupi à ses côtés. C’était un adolescent d’à peu près son âge, qui l’observait sans bouger, avec un mélange de curiosité et d’inquiétude dans ses yeux bleu azur. Ses cheveux bruns en bataille couverts de cendre donnaient l’impression d’être gris. Ses traits tirés témoignaient également d’une nuit difficile.
La jeune fille essaya de bouger mais mal lui en prit car une douleur aigue circula aussitôt dans sa jambe gauche, lui faisant pousser un gémissement. Elle se rendit alors compte qu’elle avait été bandée avec un pansement de fortune fait de morceaux de tissus qui lui compressaient la cheville.
Remarquant son inquiétude, le garçon précisa :
- Ce n’est qu’une petite foulure bénigne. Une journée de repos et ça n’y paraîtra plus.
- Qui es-tu ?
Ran avait parlé d’une voix douce, mais le regard perçant qu’elle lui adressait trahissait sa méfiance.
Déstabilisé par la question soudaine, il marqua un temps avant de répondre.
- Shinichi…Shinichi Kudô. J’ai seize ans.
L’adolescente le considéra avec étonnement.
- Tu es doué en médecine.
- Ce ne sont là que des soins de première urgence, fit-il en rougissant légèrement. Mais, aussi, toi, qui es-tu ?
Ran eut un léger instant d’hésitation.
Etait-ce bien prudent de faire savoir qui elle était ? Et si jamais il était de mèche avec ceux qui avaient mis le feu au château ?
Cependant elle se rasséréna : ce visage ne pouvait pas être celui de quelqu’un de mauvais. Cela lui sembla tout simplement impossible. Un sens, une voix cachée au fond d’elle le lui soufflait.
Ce n’était qu’un adolescent comme les autres. Elle se surprit à faire preuve d’autant de méfiance, elle qui d’ordinaire aurait tendance à se fier à toute personne douée de bonne volonté, ce qui peut-être constituait sa principale faiblesse.
Elle inspira.
- Ran Môri. Je suis la fille du Roi.


Shinichi resta pantois. Je dois ressembler à une vraie statue, se disait-il. En effet il demeurait figé comme la pierre. Puis il ne sut plus où se mettre et se sentit infiniment gêné. Il avait l’impression de s’être comporté comme un idiot – même s’il savait quelque part qu’il n’en était rien -.
- La...la…Princesse ? Je…tu…vous…enfin…c’est…
La jeune fille esquissa un sourire, ce qui la rendit encore plus belle à ses yeux. Son cœur affolé battait contre sa poitrine.
- Ce n’est pas parce que je suis la princesse que je vais te manger, pouffa-t-elle, amusée par la confusion du jeune homme. Je suis une personne tout à fait normale.
Il aurait voulu disparaître. Il retrouva toutefois l’usage de la parole, après que sa respiration se soit calmée.
- Alors…vous savez ce qui a fait exploser le palais ? Qu’est-ce qui a causé ce désastre ? Est-ce que le R…
Il n’eut pas le temps de terminer sa question. Ran, qui le regardait avec yeux ronds, bondit sur ses pieds malgré sa blessure avec une vigueur extraordinaire.
- Le palais ? Le château, explosé ?! s’écria-t-elle.
- Oui ! Il était en flammes…j’étais allé voir ce qui se passait quand il y a eu une formidable explosion…
- Mais…comment…s’étrangla-t-elle.
Les rouages de son cerveau fonctionnaient à toute allure. Puis, tout lui revint d’un bloc ; l’incendie, les corps carbonisés étendus sur le sol, l’homme aux longs cheveux, et cette douleur atroce dans son avant-bras…elle s’était déjà souvenue de l’incendie quelques instants auparavant mais les images l’avaient frappé avec une telle intensité qu’elle eut un haut-le-corps. Ses traits se crispèrent brutalement et son teint était passé de pâle à livide.
- Ca ne va pas ? Vous avez l’air…s’inquiéta le garçon.
- Si…si…. coupa-t-elle d’une voix sans conviction. Tout va…tout va bien.
Elle se secoua. Elle planta ses yeux dans les siens et prononça ton sans réplique :
- Emmène-moi là-bas. Il faut que je voie ça de mes propres yeux.

Rien.
Il ne restait absolument rien du palais, sinon un cratère encore fumant au milieu de la place principale de la ville. Si Shinichi ne la soutenait pas, Ran serait probablement tombée au sol sous la rudesse du choc. Elle avait la sensation qu’un immense vide s’était formé en elle. Elle resta ainsi plusieurs minutes, immobile comme du marbre. Lorsqu’elle se mit à parler, ce fut d’une voix faible, dépourvue d’émotion, comme si son âme lui avait été enlevée, elle aussi.
- Plus rien…C’est comme si le dernier pan de ma vie qu’il me restait venait de s’effondrer...
Surpris par ces paroles, Shinichi la regarda sans comprendre.
- Que voulez-vous dire ?
Elle tiqua.
- Epargne-moi tes vouvoiements, s’il te plaît, dit-elle. Je n’ai rien actuellement qui puisse me distinguer des autres, tout ça c’est de l’histoire ancienne.
Et puis j’ai toujours détesté ça.
- Bon, d’accord, répondit Shinichi, gêné. Que veux-tu dire ?
Elle eut un sourire triste ; son regard se perdit dans le vide, dans le gris des nuages du ciel matinal, à travers la cendre flottant dans l’air.
- C’est très longue histoire, et pourtant très courte…souffla-t-elle.


- Donc…tu ne gardes aucun souvenir de ton enfance, conclut le jeune homme.
Ran opina. Shinichi avait bu chaque parole de son récit sans jamais l’interrompre. A présent il tournait en rond dans les débris de ce qui était sa maison comme un lion en cage.
Elle semblait être atteinte d’une amnésie sélective couvrant une période spécifique de sa vie. Ses premiers souvenirs remontaient à l’âge de neuf ans , comme si elle était née à cet instant.
Pendant huit ans elle avait vécu une vie tranquille, une vie normale, voire banale au château, en la compagnie de ses servantes, qui l’avaient élevée…jusqu’à l’incident de cette nuit.
- Mais…lorsque cet homme m’a pris le bras, haleta-t-elle, j’ai reçu comme des visions.
- Des visions ?
- Oui, pendant que mon crâne me lançait, juste là (elle désigna de son index une partie du crâne située peu derrière ses tempes). C’était très flou. Tout ce dont je peux me rappeler distinctement sont un grand flash et un cri déchirant. Le reste ne m’apparaissait que comme un tourbillon de couleurs indistinctes.
Son corps se mit à trembler imperceptiblement.
- Mais quelque chose m’intrigue depuis quelques temps, dit Shinichi. Cela fait des années que le Roi n’a donné signe de vie. Il n’avait pas de franc succès auprès du peuple, mais il ne peut s’empêcher de s’inquiéter de cette disparition…certaines rumeurs disent qu’il serait mort. Peut-être sais-tu la vérité, toi ?
- J’ignore tout autant que vous ce qu’il est advenu de lui, répondit-elle.
- Comment ?!
Le visage de Ran s’assombrit.
- Je ne me souviens que très vaguement de lui. Je l’ai à peine connu. J’ignore quelle sorte d’homme il était, mais quelqu’un qui laisse sa fille seule… A vrai dire, je ne sais pas grand-chose de mes parents. Comme je l’ai dit, je n’ai été élevée que par les servantes du château, qui elles non plus ne détenaient aucune information à ce sujet, à moins qu’elles ne me les cachaient. Ma mère m’a toujours été inconnue, ou aussi loin qu’il m’en souvienne. J’ai l’impression d’avoir été laissée tombée.
Mais…
Sa phrase resta coincée dans sa gorge. Le sentiment de rage qui s’était formé en elle s’estompait doucement. Ses yeux s’embuèrent alors de larmes.
- Mais en fin de compte, où qu’ils puissent être, et même si leur attitude est impardonnable, je suis presque contente qu’ils ne soient pas là. Sinon, ils seraient morts pour de bon. Ils n’auraient pas échappé à cet incendie. C’est un miracle si je suis toujours là !
Elle laissa les larmes couler le long de ses joues sans chercher à les arrêter. Shinichi voulu dire quelque chose, quelque chose qui puisse la réconforter, quelque chose qui la soulagerait…mais ses mots restèrent enfouis en lui. Que pouvait-il y faire ? Elle avait raison. Il aurait été futile de la contredire sur un point où elle savait mieux que lui ce qui se passait.
Un long silence plana, troublé par les légers sanglots de la princesse. Autour d’eux, les habitants s’animaient, réfléchissaient à la reconstruction du quartier.
Dans l’air planait une atmosphère tendue presque palpable. La situation, en effet, était grave ; ce n’était plus qu’un champ de ruines. Cette cité autrefois brillant par ses bâtiments et son architecture si particulière, ses maisons tout en longueur d’où l’on pouvait voir a dix lieues en montant sur leur toit. Elle leva les yeux pour regarder tristement ces gens dont la vie, comme la sienne, se retrouvait bouleversée en un instant si bref.
- Et toi, que vas-tu faire ? demanda-t-elle en se tournant soudain vers Shinichi. Tu vivais seul ?
- Euh…oui, bafouilla-t-il. Mon père est passionné par les civilisations disparues et voyage beaucoup. Quant à ma mère, elle le suit dans ses expéditions, tout aussi férue de découvertes que lui. Moi, j’ai voulu rester ici pour poursuivre mes études de littérature et de langues mortes. Ils m’écrivent de temps en temps. Rien de bien particulier.
(Il jeta un coup d’œil à ce qu’il restait de sa demeure) Il faudra travailler dur pour remettre ce tas de pierres en état, mais je suis assez débrouillard. Je compte me joindre aux autres travailleurs et participer à la reconstruction du quartier.
Mais c’est plutôt à toi que je devrais poser la question.
Ran resta muette. Avec toutes ces émotions reçues en quelques heures à peine, elle avait complètement négligé son avenir. Elle ne savait pas. Tout s’était passé si vite, si subitement qu’elle avait l’impression de s’être perdue dans un océan de confusion.
Une chose était sûre : rien ne serait plus jamais comme avant.
Elle ouvrait la bouche pour répondre quand une douleur fulgurante lui traversa soudain l’avant-bras. Elle poussa un cri, se contorsionna. La douleur était telle qu’elle avait l’impression qu’on lui arrachait son membre. Des points noirs dansèrent devant ses yeux.
Mu par un brusque réflexe, Shinichi se jeta vivement sur elle et lui remonta sa manche de tunique.
- Qu’est-ce que c’est que ça ?!
Sur l’avant-bras de l’adolescente était comme gravé à même la peau un symbole dont la forme évoquait celle d’une étoile à trois branches. Une sorte de losange biscornu dont les contours brillaient d’une lueur rouge sang.
- C’est juste à l’endroit où cet homme m’avait empoignée ! haleta-t-elle.
- Tu ne sais pas ce que ça pourrait être ? demanda-t-il en approchant l’étrange plaie de son visage pour mieux l’inspecter.
- N…non, ça…brûle…
- Si seulement mon voisin était encore là…pesta-t-il en lui palpant à tout hasard l’avant-bras. Lui , il saurait faire quelque chose, j’en suis sûr. Je ne m’y connais pas assez pour soigner ce genre de blessure…
Devant le regard interrogatif de la jeune princesse, le garçon expliqua :
- C’était un vieil ami à mon père, connu pour ses connaissances en alchimie et en sciences. C’est lui qui avait inculqué à mon père les bases de la médecine et des traitements de premiers secours, qui me l’a ensuite enseigné quand j’étais petit.
Malheureusement, il a déménagé on ne sait où. A vrai dire, il me semble ne l’avoir jamais vu. Je sais juste qu’il était parti vers le nord de Fuyshen, près des côtes. Certaines personnes de la capitale le considéraient comme quelqu’un d’un peu dérangé et je suppose il a du en être fatigué…
Il s’arrêta brusquement de parler. Les yeux rivés vers le ciel, une grimace de douleur mais aussi de frayeur marquait le visage de Ran. Son teint était redevenu livide, presque transparent.
Il leur semblait que le ciel s’était considérablement assombri.
Ce n’était pas qu’une impression.
La lumière grisâtre émise par les faibles rayons du soleil qui perçaient à travers les nuages n’était déjà plus que souvenir. La nuit tomba si vite qu’on eût dit une couverture noire jetée sur le monde. Le murmure constant des habitants s’affairant à la reconstruction de leur maison, les oiseaux, le bruissement des arbres…tous se turent soudainement, un silence plombant s’installant à la place.
Une vague de panique s’empara des deux adolescents qui se figèrent, scrutant l’obscurité dans le but de déceler ne serait-ce qu’une parcelle de lumière. En vain.
La nuit surnaturelle formait autour de la ville une prison de ténèbres…

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Dernière édition par Akemi Tsuki Miyano le Ven 1 Aoû - 14:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les Elues d'Arkania [aussi dit Tales of Arkania] [En cours, 5 chapitres]   Dim 20 Juil - 12:29

III (aussi, sans doute XD)




Un sentiment d’oppression taraudait les jeunes gens. Shinichi fouilla frénétiquement le sol à l’aveuglette à la recherche d’une torche, ou de quoi que ce fut permettant d’éclairer la zone puis se rendit compte de sa bêtise ; même s’il venait à en trouver, il ne pourrait rien en faire. La panique lui brouillait les idées.
Ran gémit ; elle avait l’impression qu’on les épiait dans cette noirceur malsaine. Elle resserra son étreinte sur son avant-bras, dont la douleur s’était intensifiée.
C’est alors qu’il y eut un frottement d’ailes.
Tout près.
- Tu as entendu ? murmura-t-elle d’une voix tremblante.
- Ou…oui. Ca ressemblait à…
L’adolescent s’était levé et scrutait les ténèbres, tous ses sens en éveil. Il poussa un juron. Il n’y avait plus rien.
- Attention ! cria Ran.
Shinichi n’eut pas le temps d’émettre un son qu’il s’était violemment écrasé dans les gravats.
Quelqu’un, ou quelque chose sorti de nulle part lui avait bondi dessus, l’envoyant rouler au sol d’une simple pression sur les épaules.
Terrorisée, Shinichi ayant disparu de son champ de vision, elle l’appela, mais seul un grognement presque inaudible lui répondit. Elle en déduit que le choc lui avait peut-être fait perdre connaissance. N’ayant rien vu de la scène à cause de l’obscurité, sa peur n’en était que plus grande. Le battement d’ailes se fit plus proche, puis sembla ralentir. Il n’y eut plus aucun bruit. L’oiseau devait s’être posé quelque part. Il la voyait ; elle ignorait où il se trouvait. Ran se sentait atrocement vulnérable. Elle n’osait faire un mouvement de crainte que cela ne lui soit fatal.
C’est alors qu’une voix forte, grave résonna dans son crâne qu’elle prit à deux mains en gémissant de douleur. Mais son bras droit lui brûlait tant qu’elle dut l’abandonner et le laissa pendre, inerte, privé de sa force.
« Dire que c’est une gamine comme toi qui détient la source de notre destruction…les Anciens sont vraiment pitoyables. Cela fait 400 ans que nous attendions ! »
Tandis qu’il parlait, une sorte de cercle à la blancheur immaculée était apparue sous le volatile, tranchant les ténèbres. Elle put enfin distinguer à qui elle avait affaire.
C’était un corbeau.
Un corbeau majestueux, étrangement grand, aux plumes longues et lisses scintillant sous la lumière glacée émise par le cercle sous ses griffes.
- Que me voulez-vous ? De quoi parlez-vous ? répliqua Ran dans un filet de voix.
Aussi étrange cela fut-il, l’animal sembla émettre une sorte de ricanement. La forme qu’avait prise son bec pouvait prêter à penser qu’il souriait.
- Idiote…crois-tu être en position de jouer l’ignorance ?
Nous ne pouvons nous tromper. Nous le savons depuis toujours. Tu es celle dont parle la Prophétie. Il respire en toi, il vit en toi.
- Il…vit ?
- Oui, ce pouvoir que nous avons essayé d’éveiller, puis de t’enlever dès ta plus tendre enfance…il est bien là…. Celui que t’ont transmis les Anciens. Et cette nuit, il en a dévoilé une partie de sa force. Pour défendre son possesseur. Il a provoqué cette explosion qui a réduit cette ville à néant. Qui , maintenant, est nôtre. Sans le savoir, tu nous a livré la victoire sur un plateau !
Le cerveau de Ran fonctionnait à cent à l’heure. C’était sa faute ? C’était à cause d’elle que ce désastre avait eu lieu ? Non…pas sa faute exactement. Celle de cette…chose dont il parlait. Toute cette histoire n’avait aucun sens pour elle. Pourtant, elle lui sembla étrangement familière. Mais où avait-elle pu l’entendre ? Où ? C’était insensé, elle était persuadée que ce corbeau était le tout premier individu à évoquer ces choses.
- Je perçois tes craintes, poursuivit-il. Ne t’inquiète pas, tu n’auras plus à t’en inquiéter longtemps. Prépare toi à assister au triomphe de l’Obscurité !
- Jamais !
Sa voix avait claqué d’elle-même, sans même qu’elle n’y pense. Couchée dans les gravats, essayant d’oublier la morsure de son bras, elle se tordait le cou pour planter ses yeux dans ceux de l’animal, noirs et froids.
- J’ignore de quoi vous parlez. J’ignore quelle est cette Prophétie, ni quel rôle j’ai à y jouer. J’ignore quels sont les enjeux de cette bataille. Mais une chose est sûre. Je ne perdrai pas la face devant vous !
- Tu es un obstacle. Un nuisible pour nos intentions. Ton rôle s’arrête ici, ma petite Princesse. Et ainsi s’arrêtent ceux des autres élues ! Vous êtes trop faibles contre la puissance des Ténèbres !
Sa voix était fièvreuse, presque démente. Le signal télépathique s’était brusquement amplifié, donnant à Ran l’impression que sa tête allait exploser. Elle était au dessus de la douleur. Ses forces la quittaient progressivement. Elle était ressentait cette même sensation qui s’était répandue en elle lors de l’incendie. L’adolescente comprit alors, sans savoir d’où lui venait cette science – et elle s’en moquait résolument- qu’il était en train d’absorber son énergie vitale. Il la vidait. Des points noirs se mirent à danser devant ses yeux. Elle essaya de résister, en vain ; la pression qu’elle subissait ainsi que la douleur lancinante provoquaient une lourde fatigue en elle qui la firent progressivement fermer les yeux. Sa tête tourna. Son rythme cardiaque baissait dangereusement. Elle eut conscience qu’elle ne reverrait sans doute plus la lumière du jour. Au loin, elle crut entendre une voix.
Non. Elle ne croyait pas. Elle l’avait vraiment entendue.
- Laisse-la tranquille, toi !
La princesse, la tête lourde, mobilisa ses dernières forces pour se retourner.
La lumière pâle émise par le volatile dévoilait, à quelques mètres à peine de là, la mince silhouette blafarde de Shinichi.


Campé sur ses jambes, sur la défensive, il tenait une poignée de pierres dans la main; il en jeta une sur le corbeau et le toucha à la tête. Cela l’avait à peine étourdi et mis plus en colère qu’autre chose, mais c’était suffisant pour rompre sa concentration ; le signal télépathique se coupa brusquement et le faisceau de lumière s’éteignit à ce même instant. Libérée de ces poids, Ran reprit son souffle, haletante.
- Imbécile
La voix, rauque, avait résonné dans les ruines avec une tonalité inquiétante.
Nul ne sut alors prévoir le phénomène qui allait se dérouler ensuite.
Le corbeau émit un croassement sonore, qui donna des frissons aux deux adolescents et qui fit reculer Shinichi d’un pas malgré lui.
Il déploya ses ailes de toute leur envergure, puis fut enveloppé d’une sorte de brouillard gris, opaque, tourbillonnant. Bientôt il fit disparaître entièrement le corps de l’animal. Lorsqu’il se dissipa enfin, ils durent retenir une exclamation.
A la place de l’oiseau se trouvait un homme de grande taille – au moins deux mètres, jaugea Ran – vêtu d’une ample cape noire que le vent sifflant à travers les ruines faisait flotter derrière lui.
Ses longs cheveux blonds tombaient en cascade sur ses épaules à la maigreur presque effrayante. Son regard acéré et impénétrable évoquait celui d’un serpent.
Sans un mot, il se retourna lentement vers le garçon, qui déglutit alors avec difficulté. Son adversaire avait changé. Il savait pertinemment que cet individu avait toutes les chances de le transformer en un petit tas de cendre fumant ; il faisait bien deux têtes et demie de plus que lui. Les cailloux qu’il tenait dans sa main lui semblèrent tout à coup bien futiles.
Ses genoux tremblaient mais il faisait tout pour que cela se voie le moins possible.
« Ne laisse jamais apparaître aucune trace de faiblesse face à un adversaire » se remémora-t-il les paroles de son père. Mais il était pétrifié. Les pierres roulèrent au sol dans un bruit sourd.
- On joue les héros, gamin ? dit l’homme d’une voix grave et gutturale qui résonna sur les murs des ruines.
Pour toute réponse, Shinichi resta immobile, ancré dans le sol, les muscles raides, donnant l’impression que rien au monde ne le ferait bouger de sa place. Il fixait son ennemi dans les yeux.
Quoi qu’il arrive. Il serait prêt.
Pour Ran.

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MessageSujet: Re: Les Elues d'Arkania [aussi dit Tales of Arkania] [En cours, 5 chapitres]   Ven 1 Aoû - 14:24

IV - Que j'avais pas encore postééé! XD
______

- Shinichi ! Arrête ! s’écria Ran, qui avait un mauvais pressentiment sur ce qui allait se passer.
L’homme eut un léger haussement d’épaules. Il se contenta de lever la main droite.
Il y eut un instant de flottement, dans lequel aucun n’osait esquisser un mouvement, les yeux rivés sur la paume de leur ennemi.
Puis des éclairs la parcoururent. Un nuage bleu électrique, qui enveloppa sa main, puis se propagea sur le reste de son bras. La lumière prit une teinte de plus en plus blanche, son intensité croissant. Bientôt son membre entier fut recouvert de cette électricité malsaine.
Il exécuta alors une brève rotation du poignet. Si rapide et flou qu’à peine visible.
L’éclair partit droit dans la direction de Shinichi.

Le sang de Ran n’avait fait qu’un tour. Avec une vitesse prodigieuse, elle s’était accroupie, avait pris appui sur sa jambe valide, et, d’une puissante impulsion, s’était élancée sur le garçon qui n’eut pas le temps de réaliser ce qui se passait. Tous deux s’écrasèrent au sol, frôlant d’à peine quelques centimètres la foudre surnaturelle qui explosa dans une effroyable détonation accompagnée d’un flash éblouissant et d’un éboulement de briques.
Le cœur battant, les deux adolescents se redressèrent lentement. Ils avaient bien conscience d’avoir vu la mort de très près. Hébété, Shinichi aurait voulu la remercier, mais il décida de prouver sa gratitude plus tard.
Raide comme un piquet, l’homme n’avait pour autant perdu de sa constance. Il se contentait de les observait de son regard coupant et glacé. Un sourire carnassier s’était même dessiné sur son visage, creusant ses joues maigres.
- Ta défunte mère aurait été fière de toi, petite. Elle qui tenait tant à sa petite fille chérie…
- Quoi ?
Ran s’était figée. Elle observa l’homme un instant, sans émettre le moindre son, les mots coincés dans sa gorge soudain sèche.Un millier d’idées s’entrechoquaient dans son esprit tout à coup confus. Sa mère l’avait abandonnée dès sa naissance, elle en était convaincue depuis l’âge de raison. Du moins, jusqu’à cet instant. Alors qu’est-ce que cela signifiait ? Savait-il des choses qu’elle ignorait ? La seule évocation de cette idée lui donnait presque la nausée.
- C’est impossible, répondit-elle d’une voix froide comme la glace, teintée d’un dégoût qu’elle avait peine à masquer. Personne ne sait rien de ma mère.
Le sourire de l’homme-corbeau ne fléchit pas. Il semblait bien s’amuser. Cela la rendait folle de rage.
- Ou peut-être que personne ne voulait s’en rappeler ! Cette idiote qui a voulu te protéger…
Dommage que vous n’ayez réussi à l’épargner de son triste sort à ce moment là. La pauvre a laissé sa vie pour sauver celle d’ une pauvre gamine…Quel geste émouvant. Tu me rends nostalgique…Il s’agissait à cette époque de la première partie de notre plan visant à réaliser la Prophétie…Notre prophétie.
- Vous mentez ! s’écria-t-elle. Ma mère est vivante, quelque part, j’en suis certaine ! Vous me dites ça pour me faire perdre courage et raison ! Tout ça n’est que mensonges !
- Même si vous parvenez à fuir une fois encore cette nuit, ce n’est qu’un court moment de répit, répondit-il comme s’il ne l’avait pas entendue. Tu iras la rejoindre dans le monde des Ombres. Personne n’échappe à son destin, c’est ce qu’on dit…
Il souriait toujours.
Sous le regard incrédule de Shinichi, Ran s’était redressée de toute sa taille, comme si elle n’avait jamais été blessée. Ses poings serrés aux jointures blanches trahissaient la rage qui bouillait dans ses veines. Cette rage qui, concentrée tout au fond de son cœur, jaillissait par vagues, des vagues qui se transformaient en une énergie presque palpable, électrique, brûlante. Son bras droit n’éprouvait plus la moindre douleur. La Marque ne brillait plus.
Une étrange lumière blanche, tel un halo d’énergie , l’enveloppa.
Elle décolla lentement du sol.

Ebahi, Shinichi assistait à la scène, à genoux dans les gravats. Ce n’était pas une illusion, le garçon en aurait mis sa main à couper ; bien que cela était à peine perceptible, les pieds de Ran flottaient bien à quelques centimètres du sol. Il s’agissait d’un phénomène de lévitation dont son père lui avait autrefois parlé, mais il ne s’imaginait pas en être témoin un jour.
Il se rendit compte que tout dans cette histoire lui échappait. Il ignorait tout autant que Ran quelle était cette histoire de prophétie, ainsi que de quoi parlait ce sale type aux longs cheveux. En fait, l’espace d’un instant il se demanda si tout cela n’était pas un rêve. Un rêve extrêmement long et réaliste. Peut-être est-ce ce qu’il aurait voulu.
Une lumière à la puissance surnaturelle l’engloutit. Il se cacha les yeux de peur qu’elle ne lui brûlât la rétine. Peut-on être ébloui, quand on rêve ? Le garçon en doutait fort.
Ran, quant à elle, se trouvait dans une sorte de transe. Le sentiment de rage se dissipait peu à peu, comme l’eau s’évapore, tandis qu’une sorte de bien-être indéfinissable en prenait la place. Elle le ressentait dans chaque fibre de son corps.
Ce phénomène dura quelques instants, tout au plus.
Ou bien des heures ?
Elle avait perdu la notion du temps.
Une envie de dormir intense la pesa. Elle ne pourrait plus résister longtemps.
A demi inconsciente, elle se laissa descendre au sol. Lentement. Il lui semblait que la lumière avait décru, malgré ses paupières closes. Sans même y penser, toute étincelle de lucidité s’étant éteinte, elle tendit une main enveloppée d’un pâle halo blanc à Shinichi qui, après une brève hésitation, la saisit.
Il n’y eut aucun bruit.
Aucune parole.
Tous deux avaient disparu.

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MessageSujet: Re: Les Elues d'Arkania [aussi dit Tales of Arkania] [En cours, 5 chapitres]   Ven 1 Aoû - 14:25

V (nouveau aussi) (et plus long que le IV heureusement parce que l'était minus XD)
______________________________

La nuque de Shinichi heurta une paroi dure, lui arrachant un grognement. Il n’ouvrit pas les yeux tout de suite ; une irrépressible envie de dormir l’assommait comme un coup de marteau.
Il entendait des oiseaux, le cliquetis régulier des sabots d’un cheval sur du pavé, un bruissement semblable à celui de feuilles d’arbres.
Un nouveau cahot lui fit perdre l’équilibre, lui faisant cogner cette fois l’épaule contre la rude paroi. La douleur le poussa enfin à ouvrir les yeux ; il prit la clarté du jour de plein fouet.
Il se trouvait dans une charrette. Une charrette de bois sec, qui craquait à chaque nouveau heurt des roues sur la route pavée sur laquelle elle cheminait. Il était en pleine campagne.
Le garçon jugea par rapport à la position du soleil qu’il devait être le début de l’après-midi.
Combien de temps avaient-ils roulé ? Une heure ? Une journée ? La capitale était invisible ; l’horizon se constituait de champs et d’arbres à perte de vue, dans lesquels voletaient des oiseaux aux formes et plumage insolites. Mais il jugea qu’il s’intéresserait à la faune plus tard.
Ce qui lui importait dans le moment présent, c’était de savoir où il était et comment il s’était retrouvé là.
Il remarqua, non sans un sourire, que Ran était allongée à ses côtés. Il fut au moins soulagé de constater qu’elle était indemne.
Sa respiration régulière soulevait doucement sa poitrine ; les rayons du soleil faisaient scintiller ses longs cheveux bruns doux comme de la soie.
Shinichi se dit qu’il ne saurait se lasser de la contempler. Il avait le sentiment qu’aucune beauté au monde ne pouvait surpasser la sienne. Un ange. Un véritable ange. C’était ainsi qu’il l’avait qualifiée, la première fois qu’il avait croisé son regard. Et elle renfermait bien en elle quelque chose de magique…
- Vous êtes en couple ?
Le garçon sursauta. Il y avait une troisième personne. Les bras croisés, appuyée contre deux ballots de paille jetés l’un sur l’autre, une jeune fille les observait. Elle avait des cheveux blonds, raides, coupés au carré. Son nez retroussé semblait être là pour souligner la malice pétillant dans ses yeux verts. Elle était affublée d’un grand chapeau pointu noir élimé et d’une robe de la même couleur, très courte, voire indécente.
Une sorcière. A vrai dire, il ne les aimait pas beaucoup. Malicieuses, rusées et trompeuses, elles attendent que vous ayez le dos tourné pour vous jouer les pires tours. Aussi il décida d’accroître sa méfiance.
- N…Non ! éructa-t-il. Qu’est-ce qui te fait penser ça ?
- Bah tu la bouffes des yeux depuis tout à l’heure, répondit-elle en lui adressant un sourire en coin. C’est bête, tu es plutôt beau gosse…quoique pas trop mon genre.
Le garçon tiqua. Il fit mine de jeter un œil au paysage pour éviter de croiser son regard. Le garçon sentait qu’il rougissait malgré lui. Il n’était pas question de perdre la face devant une vulgaire sorcière. Ce n’était pas dans ses principes. Pour qui se prenait-elle ?
- Où sommes-nous ? lança-t-il dans le but de détourner la conversation. On est loin de la capitale ?
Elle l’observa encore sans souffler mot, puis ses yeux allèrent du garçon à Ran, qui dormait toujours aussi profondément. La sorcière eut un petit rire, puis dit :
- Je préfère attendre que ta petite copine soit réveillée avant de parler de quoi que ce soit. Ce serait plus poli, tu ne crois pas ?
- Ce n’est pas ma…
Shinichi se renfrogna et croisa les bras. Cette sorcière était tenace, mais lui encore plus. Il décida de rester muet jusqu’au réveil de Ran ; après tout, cela ne serait pas bien difficile.
Il avait beaucoup à penser et se dit que ce serait un gaspillage d’énergie de se chamailler pour des broutilles, surtout avec une inconnue.
Il prit son mal en patience en se rappelant les derniers évènements de la veille. Tout lui revint d’un bloc ; la transe de Ran, sa lévitation, cette main qu’elle lui a tendu en regardant ailleurs, comme s’il n’y avait que son enveloppe charnelle et non son esprit. Puis…il s’était réveillé là, dans cette charrette, au beau milieu de la campagne.
Il se passa la main dans les cheveux.
« Ca n’a aucun sens… » songea-t-il. Son esprit droit et scientifique refusait d’admettres les faits. Ces derniers évènements avaient ébranlé ses convictions sur le monde qui l’entourait.
A côté de lui, Ran s’agitait dans son sommeil.


La jeune fille n’y comprenait rien.
Elle n’avait aucune idée de l’endroit où elle pouvait bien être. Elle tendit la main devant elle et écarta ses doigts, serra les poings, puis les rouvrit ; ils étaient bel et bien transparents. Son corps entier semblait léger, immatériel. Ses longs cheveux ondulant derrière elle, Ran flottait a plus d’un mètre au dessus du sol.
D’abord elle se demanda si elle était morte. Mais son cœur cognant contre sa poitrine ne put que l’en convaincre du contraire. Ce n’était pourtant pas une illusion…
Si ses yeux ne la trompaient pas, elle se trouvait dans un château.
Elle se raidit.
Elle connaissait ces couloirs, ces murs couverts de tapisseries brodées de fils d’or, ces torches de cristal dont les flammes éternelles diffusaient une douce lumière orangée, chaude et accueillante. Elle connaissait ces tapis qui semblaient se prolonger à perte de vue, dont la couleur pourpre formait un contraste éclatant avec le blanc nacré de la pierre dans laquelle étaient faits les murs de ce palais.
C’était le sien.

Elle réfléchissait à toute allure. Quelque chose lui échappait. Le château de son enfance était censé être en cendres ! Et pourtant, il était bien là, et elle se trouvait à l’intérieur. Elle songea à une illusion. Cette idée s’évapora aussitôt. Tout était bien trop réel, jusqu’à l’odeur envoûtante dégagée par les flammes brûlant dans les torches accrochées sur les murs.
Des bruits de pas et des bribes de conversation lui parvinrent, résonnant sur la pierre blanche, aussi invisible que fût leur source. Prise d’une peur soudaine, elle se cacha vite derrière une armure décorative qui ornait le long corridor, sans pour autant être convaincue de la totale efficacité de cette cachette de fortune. Elle se savait translucide, mais pas invisible, aussi elle préférait prendre ses précautions.
Arriva une jeune femme. Bien proportionnée, grande et mince, elle portait une robe dont les pans ondulaient majestueusement au rythme de sa démarche. Ses cheveux blonds étaient noués en une longue queue de cheval. Ses traits parurent familier à Ran, ce qui était pour le moins étrange car elle jurait ne jamais avoir rencontré cette femme auparavant.
- Qu’est-ce que tu fais ? Dépêche-toi un peu ! lança-t-elle soudain par-dessus son épaule.
- Maman, attends-moi, tu marches trop vite ! lui répondit une voix aigue.
De l’angle du couloir pointa une petite fille. Elle devait avoir environ huit ou neuf ans. Ses cheveux bruns, à l’opposé de ceux de la jeune femme, étaient coupés en un carré net. L’enfant portait une robe blanche ornée de dentelles dont la longueur lui cachait les pieds.
Le cœur de Ran rata un battement lorsqu’elle rencontra ses immenses yeux bleus emplis de curiosité enfantine.
Cette petite fille, c’était elle-même.

Un déclic soudain se fit dans l’esprit bouleversé de l’adolescente ; ce qu’elle voyait était le passé. Non, mieux. Elle avait été projetée, par un moyen qui lui était inconnu, dans le passé.
Comment était-elle arrivé là ? Où était Shinichi ? Les questions étaient de plus en plus nombreuses et s’entrechoquaient dans sa tête.
Le petit double continua à fixer de ses grands yeux dans sa direction, puis se détourna et rejoignit sa mère, qui avait quelque peu ralenti l’allure. Ran se demanda si elle avait remarqué sa présence. Si c’était le cas, elle n’en laissait rien paraître.
Sa mère.
Les yeux de Ran s’embuèrent. Elle la voyait enfin. Pour la première fois, elle voyait son visage. Elle aurait voulu se jeter dans ses bras, la serrer contre elle, pleurer sur son épaule, retrouver tous ces sentiments, cette chaleur maternelle qui lui était inconnue.
La petite fille lui prit un pan de sa robe de velours :
- Maman ? Pourquoi doit-on aller si vite ? Tu as l’air bizarre, est-ce qu’il s’est passé quelque chose ? disait-elle d’une petite voix inquiète.
Pour toute réponse, la femme lui de ne pas s’éloigner d’elle. L’inquiétude était à présent clairement dessinée sur son visage aux traits fins et sévères. Le couloir et son silence semblèrent tout à coup lourds de menaces. L’atmosphère elle-même faisait écho à cette angoisse.
La petite fille aussi avait perçu la présence d’un danger imminent.
Le cœur de l’adolescente se remit à battre. Les mots de l’homme-Corbeau lui revinrent alors en mémoire.
« Ta défunte mère aurait été très fière de toi… »
Un doute s’insinua en elle comme un serpent venimeux. Cette scène qui se déroulait devant ses yeux, cette scène qu’elle avait vécu et de laquelle résultait cette mystérieuse amnésie…ce serait celle-ci ? Allait-elle revivre la souffrance que sa perte de mémoire lui avait fait oublier ?
Ran aurait soudain tout donné pour s’enfuir, se réveiller de ce cauchemar trop réel ; mais elle s’aperçut qu’elle n’était pas aussi libre de ses mouvements qu’elle le croyait. Une force invisible, mais incroyablement puissante la soulevait lentement du sol, lui donnant une vue surplombante de la scène. Elle avait l’impression d’avoir été ligotée.
C’est là que tout se joua dans la scène de cauchemar.
Et elle était aux premières loges.


La mère et sa fille entamèrent la descente des longs escaliers, dont les marches de marbre luisaient sous la lumière orangée des torches. L’écho de leurs pas pressés se répercutait sur les murs interminables, faisant un écho régulier.
Sourde aux questions insistantes de la petite fille, la jeune reine continuait son chemin, inexorablement, le visage de plus en plus crispé.
Puis elles se figèrent soudain, raides comme des statues de granit. Ran ne comprit pas immédiatement, puis la situation lui sauta aux yeux.
Du bas des marches progressaient, lentement, des volutes d’épaisse fumée noire mêlée à une étrange substance liquide de la même couleur, telle une marée infernale tentant de peu à peu d’engloutir les escaliers, attendant tranquillement que ses malheureuses victimes y posent le pied et y suffoquent, empoisonnées par ses vapeurs. Une fumée noire que Ran ne connaissait que trop bien et qu’elle aurait souhaité ne jamais revoir.
La « marée » prenait de la vitesse, elle avait à présent englouti la moitié des marches. Terrifiée, la jeune femme cria, serra contre elle son enfant et rebroussa chemin, sans oser quitter la masse obscure des yeux.
Laquelle pourtant ne les submergea pas.
Le flot sembla se durcir peu à peu, prenant une consistance presque caoutchouteuse. Une multitude de bulles en crevaient la surface. La petite fille, toujours blottie contre sa mère, poussa un gémissement strident. La jeune reine resserra son étreinte protectrice tandis que son teint devenait presque cadavérique. Un nœud s’était formé dans l’estomac de l’adolescente, un nœud qui se resserrait à chaque seconde qui s’écoulait. Des élancements parcouraient son crâne et sa marque au bras s’était mise à luire d’une couleur rouge sang. Elle avait bien conscience qu’elle était en train d’assister à un pan de sa mémoire disparue. Par conséquent, tout s’était réellement passé. Jamais elle n’avait ressenti une épreuve aussi douloureuse. Elle voulait, malgré sa peur, savoir ce qui s’était passé ce fameux soir d’il y a huit ans, mais d’autre part une appréhension terrible la poussait à vouloir fuir la vérité. Ses membres étaient figés comme s’ils avaient solidement été attachés entre eux.
« Je ne peux pas renier le passé, c’est ce que cela semble vouloir me dire… » pensa-t-elle.
La substance se modela, telle une horrible sculpture qui aurait été faite dans de la boue. Elle prit peu à peu une forme que l’on pouvait qualifier d’humanoïde, puis devint plus distincte.
Le sang battait sourdement aux tempes de Ran.
Un regard cruel.
Un sourire sans joie.
Une longue chevelure d’or.
De ses deux mètres de taille, l’agresseur de Ran contemplait la scène d’un air extatique.


- Ah…Majesté…susurra-t-il. Je lis dans vos yeux une terreur bien justifiée…Mais ce n’est pas vous qui nous intéressez.
Sa voix était grinçante et gutturale. On aurait dit une voix de revenant. Ran grimaça. Elle qui espérait ne plus jamais l’entendre !
- Que voulez-vous ? répondit la jeune femme qui essayait en vain de masquer la peur qui la faisait trembler.
Il éclata d’un rire sardonique. La petite fille, toujours accrochée à la robe de sa mère, ne pleurait plus ni ne bougeait ; elle observait l’inconnu avec de grands yeux ébahis, sa curiosité enfantine primant sur tout, se demandant qui pouvait bien être cet étrange individu aux longs cheveux.
- Altesse…vous m’amusez…dit-il d’une voix lente.
Puis il prit un ton plus dur :
- Vous le savez pertinemment. (il jeta un regard glacial à la petite fille). Nous sommes venus chercher notre dû. L’enfant Guide.
- Vous ne pourrez jamais réaliser la Prophétie, rétorqua-t-elle. Ce ne sont que des légendes ! Un mythe ! Vous n’allez nulle part. Ma fille n’a rien à voir avec ça ! Laissez-la !
L’homme ne broncha pas. Il s’avança lentement vers la reine qui, toujours accroupie, faisait de son mieux pour protéger sa petite fille, qui s’était mise à sangloter comme si les larmes matérialisaient les craintes de sa mère.
- Un mythe, aussi réel que nous le sommes vous et moi…Pour la dernière fois, donnez-la nous.
- Pour assister à un monde envahi par les ténèbres et le chaos ? Jamais ! Vous entendez ! Vous n’aurez pas ma fille à moins de me passer sur le corps !
Il eut un rictus et continua d’avancer de sa démarche silencieuse.
Lorsqu’il fut à environ trois mètres d’elle, il s’arrêta, leva la main droite. Un globe d’énergie électrique se forma au creux de sa paume, lequel se mit à croître à une vitesse impressionnante. Ran était habitée par la désagréable impression de savoir ce qui allait se passer. C’était cette même attaque qui avait failli coûter la vie à Shinichi à peine quelques instants plus tôt. Cette boule de foudre qui aurait réduit le garçon en cendres si elle ne s’était pas interposée. Elle jetait des éclairs blancs dans tous les coins du corridor, qui se répercutaient contre les murs dans d’inquiétants grésillements.
- Vous m’en voyez navré…mais vous feriez obstacle à l’Eveil…
Et il la jeta d’un mouvement ample du bras, dans la direction de la pauvre femme, exactement comme il l’avait fait avec son ami.
Sauf que cette fois, personne ne la protègerait.
Sous le regard terrifié de sa fille, la jeune reine prit l’explosion de plein fouet.

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